Editionen

Les Heures Sobieski

Le fleuron des collections royales au château de Windsor

Windsor Castle, The Royal Library


Le grand art du livre enluminé, en soixante miniatures

Quelles peintures et quelle fête de couleurs ! Que de compositions grandioses, élaborées ici par le Maître de Bedford ! L’art de l’enluminure tel que l’offrent les Heures Sobieski, avec soixante miniatures en pleine page et plus de quatre cents scènes représentées, laisse sans voix. Comme les grands tableaux des Maîtres Anciens, ces enluminures offrent une masse incroyable de détails dont le spectateur doit laisser la fascination agir sur lui, avant d’en apprécier la plénitude totale.

 

Grandiose réalisation de trois ateliers

Les Heures Sobieski appartiennent à l’apogée de l’enluminure française du gothique tardif. Ce livre d’heures est né à partir de 1425, dans l’atelier parisien du génial Maître de Bedford. Pendant plus d’un quart de siècle, ce dernier fut l’un des miniaturistes les plus importants, dont le style fit école pour d’autres enlumineurs qui se sont efforcé de suivre son exemple. Si le maître n’a pas travaillé lui-même sur certaines pages, en raison du très grand nombre de miniatures à réaliser, il les a quand même conçues ou bien il a donné des instructions très précises à ses collaborateurs. Les échanges avec d’autres ateliers n’avaient alors rien d’inhabituel. On sait ainsi que le Maître de Fastolf et le Maître de la Légende dorée de Munich, ont collaboré à la réalisation de cette grande commande.

 

Le mystère du commanditaire : le secret peut-il être levé ?

À qui ce livre d’heures exclusif était-il initialement destiné ? Les anciens chercheurs ont supposé qu’il s’agissait de Marguerite de Bourgogne, sœur aînée du duc Philippe le Bon. Était-ce un présent pour ses noces avec le duc breton Arthur de Richemont ? Jenny Stratford, spécialiste de la période du Maître de Bedford, vous présente dans le volume de commentaires accompagnant l’édition en fac-similé les résultats de ses recherches les plus récentes, qui jettent une lumière nouvelle sur ces questions.

Au XVIIe siècle, les Heures Sobieski furent l’un des trésors d’apparat à la cour du roi polonais Jean III Sobieski (qui lui donnera son nom). Sa petite-fille, Marie Clémentine Sobieska, épousa en 1719 Jacques François Edouard Stuart, prétendant jacobite aux trônes d’Angleterre et d’Écosse. Le fils cadet du couple, Henri Benoît Stuart, cardinal-duc d’York et vice-chancelier de la Curie romaine, légua le manuscrit avant sa mort (1807) au prince héritier anglais, le futur George IV. Le fils de ce dernier, le roi Guillaume IV, fit après lui aménager les salles de la Bibliothèque royale de Windsor – dont les Heures Sobieski sont restées jusqu’à ce jour l’un des joyaux.

 

Plus de 400 représentations : autant de chefs-d’œuvre de l’apogée du gothique

Un enlumineur unique n’aurait pas pu créer un ouvrage aussi monumental que les Heures Sobieski sans appui ni assistance. De même que les Très riches Heures du duc de Berry ont été l’œuvre collective de plusieurs miniaturistes illustres, échelonnée sur plusieurs décennies, les Heures Sobieski ont été réalisées par les plus grands maîtres de son époque, sur un long espace de temps.

Le rôle principal dans la conception d’ensemble et dans l’exécution fut celui du Maître de Bedford. Il dirigeait alors l’atelier d’enluminure le plus célèbre de Paris, dans les années 1420-1430. Son style était exemplaire pour ses contemporains, comme pour ses assistants et suiveurs. Les souples drapés des vêtements et la finesse d’expression individuelle des visages sont caractéristiques de plus de quatre cents scènes figurant dans les 60 miniatures des Heures Sobieski.

Le deuxième grand artiste impliqué dans l’entreprise est le Maître de Fastolf, qui dirigeait un atelier à Rouen. Il transpose avec virtuosité les principes du Maître de Bedford ou développe ses propres compositions, en s’inspirant de son exemple.

Le Maître de la Légende dorée de Munich a créé lui aussi toute une série de miniatures pour cet ouvrage. Elles suivent la disposition de celles du Maître de Bedford, mais sont exécutées dans le style puissant qui le caractérise.

 

Une joie enthousiaste du récit, dans des compositions géniales

L’attrait particulier des compositions iconographiques du Maître de Bedford réside d’une part dans la joie débordante du récit, d’autre part dans la plénitude des scènes organisées de façon à ce que les miniatures constituent un ensemble harmonieux qui enchante le regard. Pour renforcer la variété des représentations, il a imaginé deux types de composition : d’une part, la vue d’ensemble dans laquelle toutes les scènes se déroulent dans un espace iconographique unifié. Celui-ci se présente comme un puissant panorama de paysage, ou comme une architecture fantastique dans laquelle des galeries et des salles s’ouvrent de toutes parts en perspective. D’autre part, des images fragmentées qui racontent les épisodes d’une histoire en six à neuf vignettes indépendantes, clairement séparées les unes des autres par des encadrements dorés

 

Des couleurs précieuses, de l’or et de l’argent

Tous les peintres se sont grisés de couleurs précieuses : le bleu lumineux et le vermillon ponctuent habilement de leurs accents toutes les pages ; divers tons de vert viennent s’y harmoniser, ainsi que des tonalités chaudes de brun et de gris. L’or brillant des auréoles, des encadrements, des lettrines et des marges resplendit sur toutes les pages, et l’on trouve aussi de l’argent sur de nombreuses miniatures.

 

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Das Sobieski-Stundenbuch

Das Sobieski-Stundenbuch

Das Sobieski-Stundenbuch

Les Heures Sobieski en quelques lignes

Londres, Windsor Castle, The Royal Library

Date de réalisation: vers 1430
Lieu de réalisation: Paris
Format: env. 27,5 × 18,5 cm
Volume: 468 pages (234 feuillets)
Contenu: Livre d'heures
Langues: Latin, Français
Artistes: Maître de Bedford, Maître de Fastolf, Maître de la Légende dorée de Munich


Provenance: Pendant longtemps on avait supposé que Marguerite de Bourgogne était la destinataire du manuscrit. Au XVIIe siècle, les Heures Sobieski furent l’un des trésors d’apparat à la cour du roi polonais Jean III Sobieski (qui lui donnera son nom). Sa petite-fille, Marie Clémentine Sobieska, épousa en 1719 Jacques François Edouard Stuart, prétendant jacobite aux trônes d’Angleterre et d’Écosse. Le fils cadet du couple, Henri Benoît Stuart, cardinal-duc d’York et vice-chancelier de la Curie romaine, légua le manuscrit avant sa mort (1807) au prince héritier anglais, le futur George IV. Depuis les Heures Sobieski sont restées dans la Bibliothèque royale du château de Windsor.


L'édition en fac-similé des Heures Sobieski doit paraître en hiver 2016/2017 aux Éditions Quaternio Lucerne.

Prix sur demande.