Editionen

Le Miroir de l'humaine salvation de l'abbaye d'Einsiedeln

Un panorama de la Bible en 176 tableaux

Einsiedeln, Stiftsbibliothek, Cod. 206

Ayant vraisemblablement vu le jour aux Pays-Bas bourguignons entre 1450 et 1460, ledit Miroir de l’humaine salvation d’Einsiedeln est considéré généralement comme l’un des Miroirs de l’humaine salvation les plus richement décorés. Les 176 miniatures, dans lesquelles l’enlumineur met en relation des scènes du Nouveau et de l’Ancien Testament, illustrent, par d’images pleines de vie, l’histoire de la chute et de la rédemption de l’homme, depuis sa création jusqu’au Jugement dernier. À l’instar de tant d’autres ouvrages du Moyen Âge, ce Miroir traduit en mots et en images la conviction selon laquelle il existe un lien direct entre le Nouveau et l’Ancien Testament.

Pour la première fois, l’abbaye d’Einsiedeln, vieille de plus de 1 000 ans, ouvre ses portes à la reproduction en fac-similé d’un de ses ouvrages les plus précieux.

»Le codex 206 de notre bibliothèque est sans aucun doute l’un des plus beaux manuscrits du »speculum humanae salvationis« de l’époque médiévale tardive. Rien qu’en ouvrant le livre on est impressionné par les couleurs et la dorure. Je me réjouis que grâce à la qualité extraordinaire du fac-similé ce témoin de l’art de l’enluminure puisse être admiré dans toute sa splendeur.«

Père Justinus Pagnamenta OSB,
Bibliothécaire, Abbaye d'Einsiedeln

 

Feuillets peints en demi-grisaille
et à l’or


176 dessins à la plume et au lavis, aux couleurs délicates, se succèdent sur une série de 92 pages au format 36 × 27,4 cm. En outre, toutes les bordures sont formées de magnifiques rinceaux dorés, ce qui est tout à fait exceptionnel pour un tel Miroir de l’humaine salvation. Un total de 57 initiales décorées d’une hauteur de trois lignes sur un fond doré orne le texte.

 

Un tout nouveau type de livre – riche en illustrations, accessible et populaire

Au début du XIVe siècle, le Miroir de l’humaine salvation représente un nouveau type de livre conçu d’emblée comme un ensemble de textes et d’images. Le Miroir de l’humaine salvation ou « Speculum humanae salvationis » établit un lien direct entre l’Ancien et le Nouveau Testament : pour chaque événement tiré du Nouveau Testament, il trouve trois exemples précurseurs issus de préférence de l’Ancien Testament. Il s’agit là de « prouver » le fondement de la foi chrétienne : la rédemption des hommes par le Christ est l’accomplissement de la promesse faite au peuple d’Israël.

Le Miroir de l’humaine salvation s’adresse tant aux hommes d’Église qu’aux laïcs cultivés. Les textes commentent les illustrations, cependant que celles-ci facilitent la compréhension des énoncés théologiques. Les images aident à rappeler et expliquer au fidèle celles qu’il a vues à l’Église sur les peintures murales, les retables ou les vitraux. Le Miroir de l’humaine salvation de l’abbaye d’Einsiedeln, où ces réflexions prennent la forme d’illustrations d’une grande expressivité, est l’un des plus beaux manuscrits du genre.

 

Une source d’explication pour les livres d’heures

L’inventivité dont fit preuve l’auteur du Miroir de l’humaine salvation dans l’interprétation de la Bible a transformé cet ouvrage en une source quasiment intarissable, dans laquelle les enlumineurs puisèrent leur inspiration pour illustrer les livres d’heures si répandus à l’époque. Il s’agissait en effet pour eux de mettre en relation de façon cohérente des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament dans les principales miniatures et bordures. Compte tenu de la multitude de scènes bibliques qui y sont représentées, le Miroir de l’humaine salvation d’Einsiedeln constitue un complément idéal à n’importe quel livre d’heures.

 

Des scènes pleines de vie et des détails magistralement exécutés : un regard authentique sur le Moyen Âge

Les illustrations racontent non seulement l’histoire de la Bible, mais aussi la vie quotidienne au Moyen Âge. Elles accordent une place importante aux représentations architecturales : les imposantes portes des villes, les temples, les puits, les ateliers – tels une forge munie d’un soufflet ou une grue sur un chantier – sont autant d’éléments qui témoignent d’une vie citadine très animée. Seigneurs, chevaliers et artisans peuplent quantité de miniatures.

Dans ce cadre, le dessin à la plume aboutit à des perspectives artistiquement très réussies, car il permet une plus grande plasticité dans la représentation des personnages. Dans de nombreux cas, l’artiste tient même compte de la projection des ombres, la lumière venant toujours de gauche. Fort de sa grande habileté graphique, le Maître du Miroir de l’humaine salvation d’Einsiedeln se plaît à dessiner les plis des vêtements drapés. L’effet graphique des miniatures est obtenu grâce aux hachures tantôt fines, tantôt plus larges. Il semble que le Maître ait essayé d’imiter les moyens d’expression graphique qu’offrait à l’époque la toute nouvelle technique de la gravure en taille-douce. Des touches de couleurs vives parfaitement appliquées accentuent l’impression de suspense qui se dégage des quatre images recouvrant chaque double page.

 

L’enlumineur, grand connaisseur de Rogier van der Weyden et du Maître de Boucicaut

Dans les villes de Flandres et du Nord de la France sous domination bourguignonne, l’art de l’enluminure et celui de la peinture sur panneaux se sont développés comme nulle part ailleurs. C’est dans ce contexte productif qu’est né entre 1450 et 1460 le Miroir de l’humaine salvation d’Einsiedeln, qui porte le nom du lieu où il est actuellement conservé. Le manuscrit, dont les décorations sont d’une richesse exceptionnelle, est attribué à un maître qui était familiarisé tant avec l’œuvre du peintre sur panneaux hollandais Rogier van der Weyden qu’avec les livres d’heures du Maître de Boucicaut, l’un des plus célèbres enlumineurs parisiens. Certains indices donnent à penser que l’artiste a été temporairement au service de Dreux Budé, notaire et secrétaire influent des rois de France Charles VII et Louis XI.

 

Pour commander le dossier de documentation

Vous voulez en savoir davantage ou avez des suggestions ?
N'hésitez pas à nous contacter.

 

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. ImprimerEnvoyer

HEI_016

HEI_020

HEI_030

HEI_046_k

Das Stundenbuch der Margarete von Orléans, fol. 136v/137r

Le Miroir de l'humaine salvation de l'abbaye d'Einsiedeln en quelques lignes

Einsiedeln, Stiftsbibliothek, Cod. 206

Date de réalisation: env. 1450/1460
Lieu de réalisation: Pays Bas bourguignons (Bruxelles?)
Format: env. 36 × 27,4 cm
Volume: 92 pages (46 feuillets)
Contenu: Miroir de l'humaine salvation
Langue: Latin
Artiste: Maître de Dreux Budé ?


Historique: A partir du XVIIIe siècle ce Miroir de l'humaine salvation se trouve dans la bibliothèque de l'abbaye d'Einsiedeln. L'histoire antérieure du manuscrit est inconnu – le volume de commentaires pourra-t-il éclairer le mystère ?


L'édition en fac-similé du Miroir de l'humaine salvation d'Einsiedeln doit paraître au printemps 2015 aux Éditions Quaternio Verlag Luzern.